J ' A I . C O M M E N C È . À . T E . H A Ï R
A U . M O M E N T . O U . T U . M ' A S . O B L I G È . À . T E .
D E S I R E R .
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" Nous ne faisions plus qu'un. Sa douleur avait toujours été et serait toujours la mienne; à présent, son bonheur était le mien aussi. J'étais heureuse, bien que son comportement fût teinté d'un chagrin presque tangible, qui m'irradiait la peau comme de l'acide, lente torture.
L'espace d'un bref instant, un chemin entièrement différent se déroula devant mes paupières baignées de larmes. Comme si je regardais à travers le filtre de ses pensées, je vis ce à quoi j'allais renoncer. Je vis les années qui passaient et me transformaient. Je vis l'énorme loup aux reflets cuivrés que j'aimais, mon protecteur à vie. Durant une fraction de seconde, je vis les têtes de deux enfants noirs de cheveux qui fuyaient pour se réfugier dans la forêt familière. Lorsqu'ils disparurent, ils emportèrent ma vision avec eux.
Alors, je sentis mon coeur se fissurer en deux part inégales, la plus petites s'arrachant à l'autre en provoquant une douleur atroce.
Il interrompit notre baiser le premier. Ouvrant les yeux, je constatai qu'il me comtemplait avec un émerveillement teinté d'exaltation.
-Je dois partir, murmura-t-il.
-Non.
Il sourit, ravi par ma réponse.
-Je ne serai pas long. Mais chaque chose en son temps ...
Il se pencha pour m'embrasser derechef . A quoi bon lui résister ? Cette fois, ce fut différent. Ses mains se firent douces sur ma peau, et ses lèvres tendres sur les miennes, et bizarrement hésitantes. Ce fut un baiser trés bref et extrémement voluptueux. Enroulant ses bras autour de moi, il me serra contre lui avant de chuchoter à mon oreille :
- Voilà qui aurait dû être notre premier baiser. Mieu vaut tard que jamais.
Et mes larmes roulèrent sur son torse, là où il ne pouvait les voir."